Portrait de Guy Coulibaly, jeune agriculteur burkinabé

Publié le 28 novembre 2017
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Arboriculteur dans l’Ouest du Burkina Faso, dans la province du Kénédougou, Guy Coulibaly a été invité en novembre par Afdi en Normandie. Il a témoigné dans plusieurs lycées agricoles normands à l’occasion de soirées organisées dans le cadre du Festival Alimenterre sur le thème de l’accaparement de terres. Portrait.

 

Quel est ton activité au Burkina Faso ?
J’ai une petite exploitation. Pour le moment, je cultive 0,75 ha de pépinière d’arbres fruitiers (manguiers, orangers, palmiers et avocatiers) et je cultive également 2 ha de manguiers et agrumes.
Je travaille avec mon père, avec qui je cultive également un verger de 7 ha. Je bénéficie aussi de l’aide de mes oncles. J’emploie des saisonniers pendant l’hivernage (saison des pluies). Actuellement, j’ai une motopompe pour seul équipement sur mon exploitation.

 

Comment s’est passée ton installation ?
Mon père m’a retiré de l’école à 13 ans pour l’aider sur son exploitation. J’étais installé depuis 2010, lorsque mon père a compris que je connaissais le métier. Il m’a donné une portion de terrain et m’accompagne encore aujourd’hui. Je n’ai eu aucun appui en dehors du don de terre de mon père. Je trouve que mon exploitation est un peu petite car ma motopompe ne me permet pas d’augmenter la superficie de ma pépinière. J’aimerai aussi développer le maraichage.

 

Tu es aujourd’hui membre du collège des jeunes au niveau national à la Confédération paysanne du Faso (CPF). Comment en est tu arrivé là ?
Mon père était engagé dans la coopérative de séchage de mangue, l’Union provinciale des producteurs de mangue, et m’a laissé la place dès mon installation. Il avait pris soin de me faire participer aux réunions et m’a ainsi formé. Puis, j’ai été proposé par mes autres camarades pour les représenter sur la production de mangues. Je suis ainsi devenu membre de l’Union provinciale puis de l’Union nationale des producteurs de mangues du Burkina.Puis ils m’ont proposé pour les représenter au niveau de la CPF. Cet engagement me renforce dans la perspective de remplacer mon père sur son exploitation. Je dois savoir comment fonctionnent les coopératives. A travers cet engagement, j’ai bénéficié de formations en leadership et en entreprenariat agricole. Cela me donne une vision de ce que je vais faire prochainement : agrandir ma ferme et développer l’élevage de porcs.

 

Que retiens-tu de ton séjour en Normandie ?
J’ai été accueilli dans des exploitations. Et j’ai découvert une agriculture familiale modernisée que je n’avais pas imaginé avant. Il y a beaucoup de différences entre nous : ils ont des grandes exploitations. Notre point commun est la vision coopérative. Leurs coopératives leur permettent de travailler à un but commun. J’aimerais que nous puissions aller sur cette voie au Burkina Faso, notamment pour défendre nos intérêts sur le foncier.

 

Propos recueillis par Claire Guyon, Afdi Normandie