SIA 2020 : Concilier sécurité alimentaire et biodiversité

Publié le 26 février 2020
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SIA 2020 : Concilier sécurité alimentaire et biodiversité

Pour leur conférence au Salon international de l’agriculture sur la sécurité alimentaire et la biodiversité, le 24 février, le Cirad et l’AFD ont fait appel à Henri Bies-Péré, président d’Afdi, pour modérer une table-ronde réunissant Ibrahima Coulibaly, président du Réseau des organisations paysannes et des producteurs agricoles de l’Afrique de l’Ouest (ROPPA), Cyriaque N. Sendashonga (Union internationale pour la Conservation de la nature), Leonard Mizzi (UE/DEVCO) et Bernard Giraud (Livelihoods.

Au-delà du constat de la dégradation des terres et de la perte de la biodiversité, rendues plus aiguës par le changement climatique et la croissance démographique, les intervenants ont esquissé des pistes de solutions.

Dimension sociétale de la transition agroécologique

La transition vers le bio, la captation du carbone ou la préservation de la biodiversité, ne relèvent pas seulement des pratiques culturales, elles ont une dimension sociétale, ont souligné plusieurs intervenants en première partie du colloque. L’agriculture, qui a pu être considérée comme une menace, fait partie des solutions. Le service rendu à la communauté, la valeur produite par les agriculteurs doivent être pris en compte et se retrouver dans le revenu agricole.

Co-construction

Reconstituer l’humus des sols, développer la biodiversité des semences, redonner vie aux abeilles et autres auxiliaires prend du temps et nécessite un effort de co-construction, un accompagnement politique. « Au Sahel, où les effets du changement climatique se font sentir très durement, les organisations paysannes ont besoin d’un espace pour interpeller les décideurs politiques pour qu’ils soutiennent l’agriculture familiale et les paysans », a fait valoir Ibrahima Coulibaly. Le président du Roppa a rappelé l’engagement de son réseau dans L’Alliance pour l’Agroécologie en Afrique de l’Ouest, une plateforme d’information portée également par des instituts de recherche et des organisations civiles.

Ecouter les agriculteurs

« C’est la créativité paysanne et sa capacité à surmonter les problèmes,  qui est la base de l’agroécologie. Les paysans de nos pays n’ont pas les moyens d’acheter des intrants chimiques mais ils l’ont de faire du compost. Ce sont eux qui trouvent les solutions. » « Malgré les pressions, la biodiversité est préservée dans les exploitations familiales, qui continuent de garder leurs semences. Il faut sauver cette richesse », affirme Ibrahima Coulibaly.

Outre la diversité biologique, il importe de protéger les savoir-faire traditionnels, a également souligné, Juanita Chavez, conseillère en ressources génétiques pour des organisations internationales.

Afdi accompagne le Roppa et ses organisations paysannes membres en Afrique de l’Ouest dans la gouvernance des filières et des politiques agricoles. Concernant l’adaptation au changement climatique, le Réseau Afdi a appuyé 12 organisations paysannes de 6 pays en 2018.